Massif Central Ferroviaire 
Les Viaducs sont les Châteaux de la Loire du Massif Central
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Patrimoine
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N° 131  du 01/06/2009
 
L'actualité du 20/05/2009
 
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La photo du mois :

Sur le BV de Talizat, entre Saint Flour et Neussargues, le simple fait d'avoir voulu graver le nom du département sur un bloc de lave ne constitue-t-il pas un pléonasme?
Cliché réalisé le
21/09/2008 par William BERTAZZO.
  • Le Pouzin - Alès, aujourd'hui : Meysse, Rochemaure 1, 2, 3 et 4 (Ardèche). [5 photos]
  • Au pays de la foi et de la soie, Saint Hippolyte du Fort (Gard) : 1, 2, 3, 4 et 5. [5 photos]
  • Entre Loire et Haute-Loire, les trains de Bonson ne sauraient mentir : Périgneux 1 et 2, Luriecq, Valinches, Jullianges, Félines. [6 photos]
  • Vidons Naussac (Lozère)! : 1, 2, 3 et 4. [4 photos]
  • Au coeur de l'Hérault, entre Faugères et Paulhan : Gabian 1, 2, 3, 4, 5 et 6, Caux 1, 2, 3 et 4, Nizas 1 et 2, Paulhan. [13 photos]
  • Melting spots : Chagny (Saône et Loire), Laurens (Hérault), Rochefort du Gard, Saint Géry 1 et 2 (Lot), Périgueux (Dordogne), Saint Just et Vacquières (Gard). [7 photos]
  • Ont contribué à cette édition : Eric BAUDET, William BERTAZZO, Bruno BURGUNTER, Romain DAVID, Damien FOLLET, Victor HUGO, Jean PISON, Carlton SIGWARD, Pierre SIMONET.
  • La présente édition est illustrée par plus de 3346 photos.
  • La présente édition est liée à une base de données comptant 24628 entrées.
  • Le n° 132 paraîtra le
    05/07/2009 .

    Rhône-Oceano Nox ou le crépuscule des trains de nuit


    Le 13 juillet 1991, douze heures après avoir traversé le viaduc de Tarare, le Rhône-Océan Lyon - Brest franchit celui de Daoulas, au fond de la célèbre rade finistèrienne. Les voies du Massif Armoricain, comme celles du Massif Central, se sont battues contre un relief "en creux".

    Jadis, c'est à dire il y a un quart de siècle, un train de nuit, dénommé Rhône-Océan, reliait, quotidiennement, les bords du Rhône à ceux de la mer d'Iroise. Eté comme hiver, il comportait un ou plusieurs fourgons porte-autos. Transporter une R12 de Lyon à Nantes ne coûtait, à l'époque, guère plus de 30 euros. Mais, faire circuler un tel convoi, qui donnait pourtant satisfaction à tout le monde, devait être trop compliqué. Alors il a fallu ra-tio-na-li-ser.

    L'avènement du TGV Atlantique s'étant accompagné de l'électrification de la ligne de Bretagne-sud jusqu'à Quimper, il n'était pas pertinent de maintenir une traction diesel lourde entre l'Odet et l'Elorn. Qui plus est, la section reliant la cité de Saint Corentin à Landerneau n'avait pas vocation à rester dans le giron des Grandes Lignes. Ainsi, le Rhône-Océan fut-il limité à Quimper, mais, en compensation, amorcé à Genève. Ce n'était pas encore trop grave. Les passagers des couchettes allaient même se voir doter d'une couette, d'une bouteille d'eau et de bouchons pour les oreilles. La rame, cependant, allait longtemps demeurer un "patchwork" de voitures Corail non rénovées à la sauce "Lunéa" et de couchettes UIC non climatisées. Plus question, bien sûr, de voitures-lits.

    Après avoir été couplé jusqu'à Vierzon avec une tranche nocturne Lyon - Bordeaux détournée de son itinéraire de toujours via Gannat et Montluçon et d'ailleurs bientôt supprimée, le Rhône-Océan allait à son tour être privé de Massif Central : traction électrique de bout en bout via la région parisienne! Il eut alors été possible de marquer un arrêt à Dijon afin de doter, enfin, les bourguignons d'une relation directe avec la grande bleue. Mais non, le Rhône-Océan voyait déjà sa tempe marquée du point rouge laser, désignant ceux qui doivent disparaître.

    Le premier coup tiré ne fut pas mortel : le Rhône-Océan fut seulement dérégularisé, dans le temps et dans l'espace. Un jour oui, un jour non, un jour origine Lyon, un jour terminus Nantes, un jour auto-train et l'autre pas. On sait que cette technique, qui consiste à faire rouler uniquement les trains que vous n'avez pas besoin de prendre, est synonyme de couloir de la mort. Et effectivement, le coup de grâce doit être donné au service annuel de décembre 2009. L'arme sera fatale également pour quelques autres Corails de nuit.

    Il ne restera alors plus qu'une poignée de convois nocturnes, qui seront à leur tour balayés les mois suivants par la politique intégrale du tout TGV absolu (1).

    Faudra-t-il pleurer 150 ans de trains de voyageurs offrant des places couchées? Oui et non.

    Non, car au moment où jettent des étincelles les mêches entremêlées des bombes P, R et C (comme Population, Récession et Climat), la question n'est pas de savoir si l'on va continuer à voyager de jour ou de nuit, mais si l'on va continuer à voyager tout court.

    Oui, car celui qui n'a pas connu l'atmosphère, les bruits et les odeurs de la gare de Neussargues, au temps des trains de nuit, à l'heure où blanchit la planèze, celui-là n'a rien connu.

    Plus d'info / source : (1) Les Corails "tout court" (le Cévenol, les Lyon - Metz et Strasbourg, pour l'essentiel) devraient accompagner les trains de nuit dans l'abîme.
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